La loi prévoit une "stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies". Cette stratégie devra être élaborée d'ici juillet 2024 par les ministères chargés de la forêt, de l’environnement, de l'urbanisme et de la sécurité civile, en concertation avec divers acteurs comme l'Office national des forêts (ONF) ou les élus locaux.
Pour mieux anticiper et lutter contre les feux de forêt, les plans de protection des forêts contre les incendies (PPFCI) sont rendus obligatoires dans les départements dont les bois et forêts sont simplement classés à risque, ce qui équivaut à une extension considérable de ces plans dans les territoires situés au nord de la Loire.
vie publique
Les défenseurs des forêts peuvent désormais s’appuyer sur un rapport de la Cour des comptes. Cette dernière a rendu jeudi 19 septembre un rapport sur l’Office national des forêts (ONF) où elle pointe la nécessité de mettre fin à la baisse des effectifs qui frappe l’établissement public depuis plus de vingt ans.
Le service public qui gère un quart des forêts françaises et met sur le marché 40 % des volumes de bois produits en France est en proie à de multiples défis. Les effets du réchauffement climatique qui, avec les sécheresses, les incendies et les attaques parasitaires, malmènent les massifs, tandis que la « privatisation rampante » de l’établissement public fragilise ses moyens d’action et ses capacités de riposte.
C’est le constat que dresse, en creux, la juridiction. Derrière un langage tout en retenue, elle critique les politiques néolibérales menées ces dernières années qui ont contribué a démanteler l’ONF. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017, 1 000 postes ont été supprimés. Et la part des fonctionnaires a été considérablement réduite au profit des contractuels. Au total, en vingt ans, le personnel de l’ONF est passé de 12 500 à 8 000 salariés. Soit une réduction de 40 %.[...]
Dans le contexte d’austérité, la Cour des comptes marche sur un fil. « Les moyens de l’État sont sous tension, la situation n’est pas des plus propices à des augmentations importantes d’effectifs », a reconnu le président de la juridiction, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse. Il n’en reste pas moins que la Cour des comptes recommande à l’État de « mieux hiérarchiser ses priorités » et pointe « les injonctions contradictoires » auxquelles fait face l’ONF : « Accroître le volume de bois à vendre, améliorer la régénération forestière ou augmenter la captation carbone de la forêt sont des objectifs qui ne vont pas forcément dans le même sens. »
Chez les syndicalistes et des écologistes, on se félicite : « On assiste à un changement de paradigme politique », dit Patrice Martin, porte-parole du Snupfen, le syndicat majoritaire de l’ONF. « Il y a une prise de conscience au sein même de l’appareil de l’État, nos efforts et alertes commencent à payer ».
Nous serions à un point de bascule. « On a cassé la spirale infernale qui nous massacre depuis vingt ans. Ce rapport est une remise en cause de la brutalisation produite par les politiques néolibérales », analyse le syndicaliste.
Source Reporterre
Saignée à l’ONF : la Cour des comptes demande d’arrêter l’hémorragie
En créant l’Office national des forêts (ONF) en 1965-1966, le gouvernement de Georges Pompidou entend relancer une dynamique et offrir aux forêts publiques des moyens renforcés. Le ministre de l'Agriculture, Edgard Pisani, fait un choix fort en proposant de confier la gestion des forêts publiques à un nouvel établissement public - l'Office national des forêts - doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière.
L’affectation à l’ONF du produit des forêts domaniales – et notamment les recettes liées aux ventes de bois - doit permettre à la nouvelle structure de gérer d’une manière dynamique le domaine de l’État grâce à un important réinvestissement. La réforme s'accompagne d'une réorganisation de l’Administration des Eaux et Forêts qui se scinde en deux : la gestion des forêts publiques est confiée à l’ONF ; la gestion des eaux est rattachée au ministère de l’Agriculture.
Avec la création de l'ONF, la mission de surveillance du garde forestier s'enrichit du rôle de gestion et de protection.
Art. L. 1er. - La mise en valeur et la protection des forêts sont reconnues d'intérêt général. La politique forestière prend en compte les fonctions économique, environnementale et sociale des forêts et participe à l'aménagement du territoire, en vue d'un développement durable. Elle a pour objet d'assurer la gestion durable des forêts et de leurs ressources naturelles, de développer la qualification des emplois en vue de leur pérennisation, de renforcer la compétitivité de la filière de production forestière, de récolte et de valorisation du bois et des autres produits forestiers et de satisfaire les demandes sociales relatives à la forêt.
« La gestion durable des forêts garantit leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour l'avenir, les fonctions économique, écologique et sociale pertinentes, aux niveaux local, national et international, sans causer de préjudices à d'autres écosystèmes.
« Le développement durable des forêts implique un équilibre sylvo-cynégétique harmonieux permettant la régénération des peuplements forestiers dans des conditions économiques satisfaisantes pour le propriétaire. Cet équilibre est atteint notamment par l'application du plan de chasse défini aux articles L. 425-1 à L. 425-4 du code de l'environnement, complété le cas échéant par le recours aux dispositions des articles L. 427-4 à L. 427-7 dudit code.
C’est un nouveau coup porté au service public forestier. Mercredi 22 janvier,2020 une rencontre a eu lieu entre la direction générale de l’Office national des forêts (ONF) et les organisations syndicales représentant les personnels de droit public. (..)
Depuis plusieurs années, le service public forestier se fait progressivement démanteler Des 15.000 salariés que comptait l’office en 1985, il en reste moins de 9.000. La baisse des effectifs s’est couplée à « une crise de sens ». De nombreux gardes forestiers dénoncent une gestion productiviste à court terme qui transforme les forêts publiques en « usines à bois ».(...)