You are seeing the paginated version of the page.
It was specially created to help search engines like Google to build the proper search index.

Click to load the full version of the page
TS - Réformes de Deng Xiaoping
Original link
Comme nous ne parlons pas leur langue, les Chinois, anxieux à la fois de nous perdre et de nous montrer tout au mieux, ne nous quittaient pas d'une semelle, nous collant littéralement à tout moment [...]. La Chine […] m'a captivée […]. Les paysans chinois […] transportent tout sur leur dos, font tout avec les mains nues [...]. Ils ont éliminé les mouches, les moustiques et les poux qui transmettaient le choléra et autres infections. Ils enseignent les uns et les autres à lire, à écrire et à comprendre le monde. Quelle patience, quel entêtement ! Ils savent qu'il faudra au moins trente ans pour qu'ils deviennent un pays industrialisé, mais ils y parviendront [...].

Simone de Beauvoir lettre à Nelson Algren, 3 novembre 1955.
 

Née en Chine en 1952, Jung Chang quitte son pays en 1978 pour faire des études en Angleterre. Elle rédige une célèbre autobiographie, témoignage de son enfance dans la Chine de Mao.

Mon père était haut fonctionnaire. […] Ça a été une des rares personnes à prendre la parole, à protester contre Mao. [...] Si l'on prenait la parole, on mettait en danger toute sa famille, ce qui veut dire que personne n'osait élever la voix […]. Il a été arrêté, torturé, envoyé en camp, il est mort à 54 ans. […]

J'ai été élevée dans le culte de la personnalité de Mao, surtout au début des années 1960. Mao, c'était mon dieu. Lorsque nous étions enfants, si on voulait dire « je te jure que c'est vrai », on disait « je jure sur le président Mao » [...]. Si bien que lorsque Mao a donné l'ordre à tous les jeunes de devenir des gardes rouges, au début de la Révolution culturelle en 1966, cela allait de soi. J'avais 14 ans à l'époque, et je suis devenue garde rouge, je ne pouvais pas envisager autre chose. [...]

Pensez [...] aux maoïstes français. Ils n'ont rien vu, ils n'ont pas pu déchiffrer ce qu'il se passait, ils n'ont rien compris. Et moi-même je n'ai pas déchiffré la rhétorique du régime, la tromperie du régime, je ne savais pas ce qu'il se passait du tout.
Entretien avec Jung Chang à propos de son roman Les Cygnes sauvages, 1992.

« Si l'on adopte le mode de répartition capitaliste, l'immense majorité des Chinois restera pauvre, mais si l'on applique le principe de répartition socialiste, toute la population mènera une vie relativement aisée. Voilà pourquoi nous voulons maintenir le socialisme. […] Nous avons ouvert 14 villes côtières, grandes et moyennes. Nous accueillons à bras ouverts les capitaux étrangers et sommes prêts à nous initier aux techniques de pointe, y compris les méthodes de gestion avancées. Cette politique va-t-elle saper les fondements de notre économie socialiste ? […] L'introduction des capitaux étrangers, même s'ils s'élèvent à des dizaines de milliards de dollars américains, ne saurait mettre en cause le caractère intrinsèque de notre économie socialiste. Par contre, ces capitaux étrangers pourront donner un coup de pouce non négligeable à l'édification socialiste […]. En fin de compte, notre politique doit aboutir à l'instauration d'un socialisme à la chinoise […]. Depuis que nous nous y sommes engagés il y a de cela cinq ans et demi, l'économie chinoise se porte bien et la croissance dépasse tous nos espoirs. »
Entretien de Deng Xiaoping avec une délégation japonaise composée de personnalités non gouvernementales, 30 juin 1984.