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Les États-Unis et la question environnementale : tensions et contrastes
Les jalons

- L’environnement aux États-Unis : entre protection de la nature, exploitation des ressources et transformation des milieux depuis le XIXe siècle. Les rôles respectifs de l’État fédéral et des États fédérés.

- Les États-Unis et l’environnement à l’échelle internationale (État, firmes transnationales, ONG…).

Une vérité qui dérange - Bande annonce VF
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Les États-Unis dans le changement climatique
Les États-Unis ont une responsabilité historique considérable, à l’échelle mondiale, dans le changement climatique : émetteur majeur de gaz à effet de serre, en nombre absolu et aussi par habitant, producteur de ressources fossiles, mauvais élève des traités internationaux… Pourtant, la prise de conscience dans une partie de l'opinion est réelle, et aboutit, à différentes échelles, à des initiatives visant à réduire les émissions. Certaines villes comme Portland jouent un rôle pionnier dans ce mouvement.
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Les menaces et intimidations de l’administration Trump pour miner les avancées environnementales

Le désinvestissement de la première puissance mondiale sur les questions environnementales s’accompagne d’efforts répétés pour saper les politiques que pourraient engager les autres pays.

Les Etats-Unis se sont tenus à l’écart du sommet des chefs d’Etat sur la crise climatique, les jeudi 6 et vendredi 7 novembre, à Belem, au Brésil, tout comme ils se garderont de toute participation de premier plan à la COP30, du 10 au 21 novembre. L’un des premiers décrets signés par le républicain le jour de son retour au pouvoir visait à quitter à nouveau l’accord de Paris de 2015 sur la réduction des gaz à effet de serre, comme en 2020. Mais ce désinvestissement s’accompagne désormais d’efforts répétés pour saper les actions que pourraient engager les autres pays.(...)Donald Trump a jeté son climatoscepticisme à la face des autres nations, le 23 septembre, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, estimant que la crise climatique est « la plus grande escroquerie jamais perpétrée dans le monde ». « Si vous ne prenez pas vos distances avec cette arnaque verte, votre pays échouera », a-t-il lancé aux chefs d’Etat présents.
Etait-ce un conseil ou une menace ? L’exemple récent de l’échec de l’accord sur une taxation de la pollution du transport maritime, visant à décarboner le secteur, donne une idée de la stratégie Trump 2.0 en matière environnementale. Alors que les négociations avaient pris des années et devaient aboutir à la mi-octobre, l’administration américaine a pesé de tout son poids pour empêcher la signature, faisant notamment pression avec d’éventuels droits de douane supplémentaires à l’encontre des Etats trop allants. « La façon dont ils ont intimidé les autres pays, c’était sans précédent », estime Pamela Chasek, professeure en science politique à l’université de Manhattan et directrice de la revue Earth Negotiations Bulletin.(...)
Symbole de cette évolution, Zohran Mamdani, la sensation des dernières élections, qui a remporté la mairie de New York, le 4 novembre, sur une ligne très à gauche, ne mentionne quasiment pas ces thématiques dans ses meetings, essentiellement attachés au pouvoir d’achat. Il faut se référer à son programme en ligne pour trouver des propositions écologiques. La mairie de New York a pourtant plusieurs programmes en pointe et des objectifs ambitieux sur ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, qu’elle ne tiendra probablement pas (...)
La volte-face de Bill Gates, fin octobre, incarne cette rétrogradation de la question environnementale. Dans un texte, le milliardaire à la tête de la plus grande fondation philanthropique de la planète, qui avait soutenu Kamala Harris face à Donald Trump en 2024, appelle les grands donateurs à rediriger leurs fonds vers d’autres priorités, comme la lutte contre la pauvreté, les maladies et la faim dans le monde. « Même si le changement climatique aura de graves conséquences – en particulier pour les populations des pays les plus pauvres –, il ne conduira pas à la disparition de l’humanité », écrit-il, suscitant l’ire des scientifiques spécialistes du climat.


Le Monde Par Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

Publié le 08 novembre 2025

Pour l’Agence de protection de l’environnement américaine, le changement climatique est dû au changement d’orbite de la Terre et aux volcans

Ces dernières semaines, l’Agence pour la protection de l’environnement des Etats-Unis (EPA) a supprimé toute mention du rôle des activités humaines et des combustibles fossiles sur sa page Internet très consultée concernant les causes du changement climatique (...)
« Cela n’est pas surprenant dans le contexte américain actuel, réagit Daniel Swain, climatologue à l’université de Californie de Los Angeles. Mais il est tout de même profondément alarmant que le principal organisme de réglementation chargé de la protection de l’environnement et de la lutte contre la pollution dans ce pays ignore désormais activement les preuves scientifiques. Cela ne peut que mal finir. » Le scientifique souligne que ces pages de l’EPA étaient très utilisées, car bien conçues et faciles d’accès. « Cela est le dernier avatar d’une attaque brutale contre la place de la science et des faits pour éclairer les politiques publiques et les choix de société », regrette de son côté la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte.

Le Monde , Audrey Garric
Publié le 10 décembre 2025

Donald Trump démolit la réglementation fédérale sur les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis

L’Agence de protection de l’environnement américaine a abrogé, jeudi 12 février, un texte capital qui permettait notamment d’imposer des normes d’émissions pour les véhicules thermiques ou les centrales électriques. Le président américain nie ainsi les risques que représente le changement climatique pour ses concitoyens.(...)
Ce texte, l’Endangerment finding (« constat de mise en danger »), est la pierre angulaire de l’ensemble du dispositif réglementaire qui permet, depuis 2009, à l’EPA de réguler les émissions de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de quatre autres gaz à effet de serre. C’est grâce à lui que l’Etat fédéral, sur le fondement d’une loi de 1970 sur la qualité de l’air (dite « Clean Air Act »), est habilité à établir et à imposer des normes restrictives d’émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules thermiques, les centrales électriques, etc., sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis.(...)
Après la sortie, en janvier, des Etats-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques – le traité international dans le cadre duquel se tient la diplomatie climatique depuis 1992 –, c’est tout l’édifice réglementaire fédéral américain qui, sur la question climatique, est en voie de démolition. L’abrogation annoncée fera à l’évidence l’objet de recours devant la justice fédérale, et sans doute, in fine, devant la Cour suprême.(...)La grande organisation non gouvernementale américaine de défense de l’environnement, l’Environmental Defense Fund, évoque un risque d’excédent d’émissions d’environ 18 milliards de tonnes équivalent CO2 d’ici à 2055 – soit de trois à quatre années d’émissions du pays, au niveau actuel.
L’Endangerment finding a été établi en 2009 par l’EPA, sous la présidence de Barack Obama, à la suite d’un arrêt célèbre de la Cour suprême des Etats-Unis rendu en 2007. Dans cette décision historique, la Cour estimait que l’EPA devait réguler les gaz à effet de serre au titre du Clean Air Act, comme elle le fait pour les autres polluants de l’atmosphère.(..)

En 2024, sous le mandat de Joe Biden, l’EPA avait publié son évaluation des bénéfices attendus de la réglementation fédérale des émissions de gaz à effet de serre pour les centrales électriques, montrant que ceux-ci étaient considérables. Comme le rappelle le Natural Resources Defense Council (NRDC), cette évaluation montrait que « le renforcement des normes d’émission de carbone pour les centrales électriques devait générer 480 milliards de dollars [404 milliards d’euros] sur les deux prochaines décennies en bénéfices climatiques et sanitaires, soit plus de vingt fois les coûts pour l’industrie ». Le NRDC ajoute que les seuls standards d’émissions de 2024, pour les véhicules, devaient générer, sur les trente prochaines années, l’équivalent de 1 900 milliards de dollars en coûts sanitaires et climatiques évités.

Le Monde Par Stéphane Foucart
Publié le 13 février 2026


An inconvenient Truth
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ALBERT GORE
« Je m'appelle Al Gore ; je suis l'ex-futur président des États-Unis » : assumant, non sans humour, l'échec de sa victoire annoncée à l'élection de décembre 2000, ainsi Al Gore commençait-il invariablement les conférences qui ont inauguré sa nouvelle carrière et son leadership, inattendu, dans la lutte contre le réchauffement climatique. Albert Ar
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