Donald Trump démolit la réglementation fédérale sur les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis
L’Agence de protection de l’environnement américaine a abrogé, jeudi 12 février, un texte capital qui permettait notamment d’imposer des normes d’émissions pour les véhicules thermiques ou les centrales électriques. Le président américain nie ainsi les risques que représente le changement climatique pour ses concitoyens.(...)
Ce texte, l’Endangerment finding (« constat de mise en danger »), est la pierre angulaire de l’ensemble du dispositif réglementaire qui permet, depuis 2009, à l’EPA de réguler les émissions de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de quatre autres gaz à effet de serre. C’est grâce à lui que l’Etat fédéral, sur le fondement d’une loi de 1970 sur la qualité de l’air (dite « Clean Air Act »), est habilité à établir et à imposer des normes restrictives d’émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules thermiques, les centrales électriques, etc., sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis.(...)
Après la sortie, en janvier, des Etats-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques – le traité international dans le cadre duquel se tient la diplomatie climatique depuis 1992 –, c’est tout l’édifice réglementaire fédéral américain qui, sur la question climatique, est en voie de démolition. L’abrogation annoncée fera à l’évidence l’objet de recours devant la justice fédérale, et sans doute, in fine, devant la Cour suprême.(...)La grande organisation non gouvernementale américaine de défense de l’environnement, l’Environmental Defense Fund, évoque un risque d’excédent d’émissions d’environ 18 milliards de tonnes équivalent CO2 d’ici à 2055 – soit de trois à quatre années d’émissions du pays, au niveau actuel. L’Endangerment finding a été établi en 2009 par l’EPA, sous la présidence de Barack Obama, à la suite d’un arrêt célèbre de la Cour suprême des Etats-Unis rendu en 2007. Dans cette décision historique, la Cour estimait que l’EPA devait réguler les gaz à effet de serre au titre du Clean Air Act, comme elle le fait pour les autres polluants de l’atmosphère.(..)
En 2024, sous le mandat de Joe Biden, l’EPA avait publié son évaluation des bénéfices attendus de la réglementation fédérale des émissions de gaz à effet de serre pour les centrales électriques, montrant que ceux-ci étaient considérables. Comme le rappelle le Natural Resources Defense Council (NRDC), cette évaluation montrait que
« le renforcement des normes d’émission de carbone pour les centrales électriques devait générer 480 milliards de dollars [404 milliards d’euros]
sur les deux prochaines décennies en bénéfices climatiques et sanitaires, soit plus de vingt fois les coûts pour l’industrie ». Le NRDC ajoute que les seuls standards d’émissions de 2024, pour les véhicules, devaient générer, sur les trente prochaines années, l’équivalent de 1 900 milliards de dollars en coûts sanitaires et climatiques évités.